Mon itinéraire de 2 semaines au Cambodge

Le perpétuel dilemme des voyageurs au Cambodge : commencer par les temples d’Angkor, ce qui est un peu sportif, pour pouvoir être plus relax le reste du voyage ? Ou garder ce lieu magique pour l’apothéose finale ? C’est la deuxième solution que nous avons choisie : une semaine à arpenter le sud, ses plages, ses îles, ses villes tranquilles, et une semaine au nord à la découverte des joyaux des anciennes civilisations. Voici notre itinéraire étape par étape. 

1. Phnom Penh – 1 jour

Capitale animée, il est facile de trouver un tuk-tuk dès la sortie de l’aéroport pour nous emmener à notre logement. À faire : musée du génocide (terrible mais poignant, à faire absolument), Palais royal, marchés.

2. Kep – 1 jour

Bourgade plutôt tranquille avec des allures de ville fantôme, du fait de nombreuses villas abandonnées. Immanquables : le marché aux crabes et les petits restaurants attenants. Nous avons également adoré le jardin des papillons. On trouve aussi un grand parc naturel dont l’entrée se situe dans la ville. Les balades en vélos dans Kep sont agréables.

Kep – ville oubliée

Située à une demi-heure en tuk-tuk au sud de Kampot, Kep est une ville bien moins touristique. Je n’ai pourtant pas regretté de m’y être arrêtée. Une journée et une nuit suffisent pour goûter à sa tranquillité… et à ses spécialités ! Construite entre les années 50 et 70, Kep était jadis une ville florissante… Plus

3. Kampot – 2 jours

Sur le chemin entre Kep et Kampot, arrêt incontournable à La Plantation, une ferme où est produit le fameux poivre de Kampot, avec passage devant le “secret lake”. La ville de Kampot est bien plus animée que Kep. Au programme : balade en bateau sur le fleuve à la recherche des lucioles, jus de fruits frais et street-food près du vieux marché, super salons de massage, séance de yoga. 

La Plantation – Poivre de Kampot

Un de mes gros coups de cœur… Petit coin de Paradis verdoyant à l’écart du tumulte de la ville, la Plantation est une immense ferme, mais aussi un projet agro-écologique ambitieux et respectueux de l’environnement, un projet éducatif pour les touristes et un projet social.  Une fois arrivé sur les lieux, on peut se balader… Plus

4. Koh Rong Samloem – 3 jours

Des deux îles les plus touristiques, nous avons choisi la plus petite. Un véritable coin de paradis ! Trois jours à se prélasser sur la plage d’un blanc immaculé, à manger des barbecues de poissons, à profiter de l’animation des auberges (soirées karaoké, parties de ping-pong, musique live…). D’autres activités sont proposées : snorkeling, découverte du plancton luminescent, balade à travers l’île à pied ou à vélo, kayak sur l’océan…

5. Siem Reap – 3 jours

Après une nuit à Sihanoukville, c’est en avion que nous rejoignons la ville far du Cambodge. Énormément de choses à faire. Les temples d’Angkor bien sûr, se visitent sur plusieurs matinées. Les après-midi, nous visitons la ville, ses nombreux marchés, et profitons des massages (ne manquez pas le centre de massage par des personnes aveugles) et de la street-food dont les prix défient toute concurrence. Au cœur de la ville, visite guidée gratuite des “Artisans d’Angkor”, où des jeunes artisans se perfectionnent à l’art de la sculpture, peinture, fabrication de bijoux… A quelques kilomètres, plusieurs villages flottants ou sur pilotis peuvent être visités, avec un tour en bateau sur le lac Tonlé Sap. 

6. Battambang – 1 jour

Dernière étape avant le retour à la capitale. Énormément d’activités, ville à ne pas manquer ! Temples, artisanat local (fabrication de feuilles de riz, de gâteaux de riz cuits dans du bambou, de prahok, séchage du poisson…), visite d’anciennes maisons khmers, ferme aux crocodiles, killing caves, grottes aux chauve-souris, train de bambou… Nous avons adoré le cours de cuisine et le spectacle d’une jeune troupe de cirque.

Une journée à Battambang

Parmi les villes incontournables du Cambodge, Battambang ne fait pas l’unanimité. Avant de partir, j’ai lu beaucoup d’avis favorables, mais aussi beaucoup d’autres moins enthousiastes. Verdict ? J’ai adoré !

Moyens de transport

  • De Phnom Penh à Kep : minibus express
  • De Kep à Kampot : tuk-tuk, avec une étape possible à La Plantation, à mi-chemin
  • De Kampot à Koh Rong Samloem : bus jusqu’à Sihanoukville, puis bateau 
  • De Koh Rong Samloem à Siem Reap : retour à Sihanoukville par bateau, tuk-tuk jusqu’à l’aéroport, avion jusque Siem Reap
  • Région de Siem Reap avec les temples d’Angkor : tuk-tuk, vélo pour les plus courageux !
  • De Siem Reap à Battambang, puis Phnom Penh : minibus express

Camargue : bénévole à la réserve

Il est 23h. La nuit noire est déchirée par des éclairs diffus, le tonnerre gronde au loin. Derrière mon volant, je ne peux réprimer un sourire : cinq ans après ma dernière visite, c’est la Camargue qui m’accueille, à sa façon !

L’aventure dans laquelle je m’embarque est bien différente de la dernière fois. S’il fallait être VIP pour participer au baguage des jeunes flamants, tout le monde est cette fois invité, et même encouragé, à participer à ces vacances améliorées et utiles que sont les chantiers bénévoles !

En Camargue, la SNPN (Société nationale de protection de la nature) organise chaque année des chantiers ouverts à ses adhérents au cours desquels les bénévoles s’attèlent à différents travaux. Le descriptif est succinct, mais difficile d’y résister : deux semaines au cœur de la réserve, des matinées de travail pour des après-midis de découvertes de la région à travers de multiples activités, un logement en gîte avec les autres bénévoles… tout ça pour une quarantaine d’euros d’adhésion et frais de dossier, trente pour les étudiants ! En termes de vacances utiles, on ne fait pas mieux. C’est donc sans savoir exactement à quoi m’attendre que je suis repartie sur ces terres déjà chargées de mes souvenirs de jeunesse.

Lundi matin, 8h30. J’arrive au gîte de Salin de Badon. Je découvre une grande bâtisse perdue en pleine campagne. Quelques bénévoles sont arrivés la veille, on sympathise rapidement. On sera une dizaine à vivre ici pour les deux prochaines semaines. Les encadrants arrivent également, des personnes qui travaillent sur place toute l’année. Le briefing nous met rapidement dans l’ambiance : décontractée ! Pas de chichis, on se tutoie, les blagues sont de rigueurs.


Le gîte de Salin de Badon, lieu de vie des bénévoles

Le dur labeur des bénévoles

Le soleil tape déjà très fort – canicule oblige – quand nous partons sur le terrain. Au programme, pose de ganivelles le long des chemins de la réserve. Il s’agit de dissuader les promeneurs d’aller piétiner la flore si typique des milieux humides camarguais. La salicorne, c’est sacré ! Le travail est physique, on creuse des trous avec des gravières, on plante des piquets, on les encoche pour y poser des renforts, on déroule les ganivelles que l’on attache solidement au tout après leur avoir donné de bons coups de masse… La récompense après quelques heures : la plage, au bout du chemin ! A peine les outils posés, on s’y précipite tous de bon cœur. Je profite du chemin du retour pour enliser la voiture de la réserve dans le sable. Sinon on aurait pu s’ennuyer !

Ganivelles en cours de montage au cœur de la réserve, à quelques pas du phare de la Gacholle

Si les ganivelles nous occupent une bonne partie du séjour, plusieurs matinées sont consacrées à d’autres travaux. Celui qui nous laissera le plus vif souvenir, c’est sans doute l’arrachage de la jussie. En dépit de son nom flatteur, référence au botaniste français Bernard de Jussieu, cette plante aquatique du genre Ludwigia est un fléau. Envahissante, elle se multiplie rapidement et jusqu’à envahir littéralement les zones aquatiques. Pour s’en débarrasser, il faut se jeter à l’eau. Munis de wadders (vous savez, ces grandes bottes qui montent jusque sous les bras et qui ont le don de vous dépouiller instantanément de toute grâce), appuyés sur une barque (même pas pour nous la barque ! c’est pour y mettre la jussie !), nous pénétrons dans la roubine. Qui n’a pas été dans une roubine ne peut pas comprendre… Il s’agit d’un petit canal, environ 2m de large, dont l’eau est pour ainsi dire stagnante. D’ailleurs, il n’est rempli qu’à 40% d’eau (partie haute), les 60% restant étant constitués de vase. Vase qui fait des bulles quand on marche dedans. Du moins quand on tente de marcher, car sitôt le pied posé, celui-ci est immédiatement capturé par la chose, emprisonné avec une force insoupçonnée. Force est d’avouer, au début, on panique ! Tout plantés que l’on est au milieu de la roubine, on voit déjà nos dernières heures arriver par une noyade inévitable dans une eau fétide. Ha oui, je n’ai pas précisé, les bulles qui sortent de la vase, ce ne sont pas des bulles de savon parfumées à la rose. Non, non. C’est autre chose. Tu mémorises le truc le plus puant que tu aies senti ? C’est pire. Bref, passé le cap de la panique et du dégoût, on y prend goût ! Hop on arrache des poignées de plantes, on te balance ça dans la barque, on se prend au passage des éclaboussures de vase (les racines sont profondes !), on en a plein les cheveux, plein le visage… Avantage n°1 : c’est finalement très drôle ! Avantage n°2 : quand on se prend l’averse du siècle sur la tête juste après être sortis de la roubine, on est contents d’être rincés !

L’impitoyable jussie ! (Crédits : Philweb)

Dernier grand chantier auquel nous avons participé : la création d’un observatoire, une plateforme située le long de la route et depuis laquelle les curieux pourront observer la magnifique faune du plus vaste étang de Camargue : le Vaccarès. Avec ses 12 km de long et ses 6 500 hectares, il constitue un lieu incontournable pour nombre d’oiseaux, y compris les flamants roses. Un des grands avantages des chantiers bénévoles à mon sens réside dans la façon dont sont considérés les bénévoles. Si nous venons apporter nos petites mains, nous repartons aussi avec de l’expérience en plus. Les encadrants ont en effet à cœur de nous faire tester par nous même les outils, les techniques, même si ça veut parfois dire perdre un peu de temps. Un stage de bricolage pour débutants !

N’est-il pas magnifique notre observatoire ?
Il manque encore la rampe d’accès et les barrières de sécurité et il sera parfait !

Après l’effort, le réconfort !

Pendant les chantiers, les bénévoles ne travaillent que le matin. Ce qui laisse pas mal de temps pour vaquer à d’autres occupations. Manger par exemple ! Le gîte est fourni, mais les bénévoles s’occupent de leur popotte. On s’organise comme en colonie : des menus prévus à l’avance, des courses pour tout le monde et un planning pour la semaine avec des commis de cuisine et de vaisselle pour chaque jour. Le temps de rentrer du terrain, de cuisiner et de manger, il est souvent 15h passé. Rebelotte pour le soir avec des diners aux alentours de 22h ! Horaires de vacances en somme. Il faut dire que s’il n’y avait pas un réveil le matin, on s’y croirait…

Plusieurs activités sont prévues par la SNPN, et offertes aux bénévoles. Au programme, une visite d’Arles et ses monuments accompagnés par une guide rien que pour nous, une balade à cheval version camarguaise (cheval camarguais, selle camarguaise, paysages camarguais au milieu de taureaux camarguais), la visite d’une expo naturaliste à la Capelière (le centre d’informations de la SNPN) et une sortie naturaliste pour observer les oiseaux. Sans compter les activités qu’on s’organise nous-même : marché à Arles, après-midi plage, joutes nautiques, courses camarguaises dans les arènes, et bien sûr des balades dans la réserve. Le gîte constitue le point de départ de trois sentiers naturalistes agrémentés d’observatoires, autant dire qu’il y a de quoi profiter ! Pour les mordus d’ornithologie comme pour les amoureux des petites bêtes, la Camargue c’est un peu le paradis. Je vous en donnerai un petit aperçu dans mon prochain article !

A cheval, nous voyons arriver le troupeau de taureaux. Pas peur !
Au bout d’un chemin accessible depuis notre gîte, un observatoire

Les deux semaines sont trop vite écoulées, et il est déjà temps de repartir. Bronzés, musclés, les poumons remplis d’air frais, l’appareil photo bien garni et des souvenirs plein la tête, on se dit qu’on reviendrait bien l’année prochaine pour remettre ça !

Quelques prérequis indispensables si vous souhaitez vous lancer l’année prochaine :

  • Il est préférable d’aimer la nature. Toute la nature. Y compris les moustiques, les taons, ou encore les chauves-souris dont le niveau sonore est inversement proportionnel à leur taille et qui ont élu domicile derrière les volets des chambres…
  • Il faut savoir se satisfaire du nécessaire. Un peu d’eau fraiche… seulement si on n’a pas oublié de remplir les bidons avec de l’eau potable, à quelques kilomètres du gîte ! Internet, le réseau téléphonique et toutes ces autres futilités, c’est au petit bonheur la chance. 
  • Ne pas avoir peur de se salir. Et accepter de ne pas sentir la rose après la douche. L’eau courante vient de la roubine, celle-là même dont je parlais plus haut (en témoigne son odeur ! N’essayez pas de vous rincer la bouche avec après vous être lavé les dents ! Regrets immédiats…), mais l’odeur s’équilibre bien avec celle du savon en général. 
  • Aimer les gens. Eh bien oui, même si on est à des kilomètres de la ville la plus proche, il va bien falloir supporter les autres bénévoles. Y compris leurs ronchonnements au réveil, leur réticence à faire la vaisselle, leurs préférences alimentaires qui contraignent les menus, et leur humour qui varie à mesure que le soleil tape ! 
  • Ne pas craindre les grands espaces. La Camargue, c’est immense, et très plat. Vision panoramique garantie à des kilomètres à la ronde, de quoi se sentir tout petit !

Les risques à accepter si vous décidez quand même de vous lancer :

  • Gros risque d’émerveillement quant à la foisonnante biodiversité de la Camargue et ses paysages magnifiques. Sensation immédiate de liberté au milieu de ces espaces immenses. Des oiseaux et des insectes à n’en plus savoir donner de la tête. Retour difficile en perspective
  • Changements physiques à prévoir : risque certain de revenir avec une surcharge musculaire et une légère coloration dorée de la peau (un conseil pour bien s’en rendre compte : prévoir de porter le même short plusieurs jours d’affilé les jours de grand beau temps. Effet jambes bicolores garanti !)
  • Des fous-rires pour des broutilles (le soleil tape !), de la bonne humeur, des rencontres avec des personnes passionnées, du partage entre les bénévoles venus de tous horizons… Il y a le risque d’apprendre à cuisiner de l’houmous ou de la ratatouille, de découvrir des styles de musique dont tu ne soupçonnais pas l’existence, d’échanger des astuces et bons plans sur un tas de choses…
  • L’envie irrépressible de remettre ça pour une nouvelle année !

Pour plus d’informations :

Sénégal : carnet de voyage

Premier jour

Je suis en vacances depuis hier, mais pas de temps à perdre : il faut préparer les valises ! Toute la famille est excitée. Le chat sent notre départ imminent et nous suit partout. A 13h, on prend la route direction Paris. On est cinq dans la voiture : mes parents, mes deux sœurs et moi. Le voyage se passe dans la plus pure tradition : Camille a ses pieds sur les épaules de maman, Lulu fait des mots mêlés, papa râle à cause des embouteillages… et moi je lit mon roman, Le Lion, de Joseph Kessel, livre qui se révèle particulièrement adapté à ce voyage en Afrique…

On arrive à Paris vers 16h… et forcement, on se perd. Les parents sont d’une humeur massacrante (le stress use de son pouvoir !), et on se fait disputer parce qu’on a eu le malheur d’exprimer notre impatience en chantant ! Finalement, on arrive au parking et on prend un mini-bus jusqu’à l’aéroport d’Orly, où on est finalement en avance. Lulu stresse de prendre l’avion – c’est la première fois – et on passe le temps en visitant toutes les boutiques. Les valises, elles, sont déjà parties dans les méandres de l’aéroport…

19h25

On vient de décoller, on est même encore en train de prendre de l’altitude. Drôle de sensation d’avoir le crâne écrasé… L’avion est plus petit que celui pour le Kenya. En ce moment, on vole à 746 Km/h, à 5000 m d’altitude. Avant de décoller, on est tous passés dans des détecteurs de métaux et, forcement, on a bipé (sauf papa). Du coup on s’est fait tripoter, au cas où on cacherait des baïonnettes dans nos chaussettes… A 19h05 (et oui, l’heure recule à cause du décalage horaire), les hôtesses de l’air nous servent un repas ultra industriel : hot-dog, salade de fruit (façon de parler, on n’a droit qu’à un morceau de chaque fruit), et boisson au choix.

21h40

Escale à Lisbonne. L’aéroport est un peu moins moderne qu’en France. On descend du premier avion directement sur la piste et on prend une navette pour aller jusqu’à l’aéroport. Dans l’avion, je suis assise à côté du sosie de Mr Bean.

Deuxième jour

5h00

Après 4h de vol, arrivée à Dakar, capitale du Sénégal, vers 3h du matin. Quand on sort de l’avion, une chaleur étouffante nous envahit. D’après les informations dans l’avion, il fait au sol 25°C… en pleine nuit. Accompagnée de cette chaleur, une forte odeur de mer ou de poisson. Contrôle des passeports, récupération des bagages sur le tapis roulant, puis on sort chercher la personne qui doit nous emmener à Mbour. Boubou nous attend avec un panneau « Labaude x5 » pour qu’on le repère (comme dans les films !). Il nous emmène jusqu’à une voiture. Boubou parle à son cousin et à d’autres personnes en Wolof, nous sommes à côté de la voiture mais on ne peut pas monter dedans… Finalement on comprend qu’il est garé illégalement, pour nous épargner une marche de trois quart d’heure. On doit donc attendre d’être seuls (des voitures de police faisaient des rondes) pour entrer dans la voiture. Dans le voiture, on est serrés comme des sardines en boîte, à 4 sur la banquette arrière avec Camille sur un siège dans le coffre, et le cousin de Boubou qui conduit à côté de papa. J’observe la ville que nous traversons. On se croirait dans une copie de la France, version africaine. Sur les panneaux publicitaires on retrouve des pubs Orange pour les portables, Crédit du Sénégal (à la place de Lyonnais)… Il est 3h du matin, et pourtant il y a un monde inimaginable sur les routes. Les gens roulent un peu n’importe comment. On croise des bus à l’allure un peu hippie avec des gens accrochés à l’extérieur tellement ils sont blindés.

80 Km plus tard, on arrive enfin à la maison, que l’on découvre avec un émerveillement non dissimulé. Il y a énormément de pièces, et toutes sont magnifiques. Rien qu’en bas, il y a 3 chambres, deux salles de bain, une cuisine et un grand salon. A l’étage, une grande pièce de repos, avec de nombreux canapés. Sans compter une terrasse, elle aussi parsemée de transats et de canapés… Quand on est monte sur le balcon, on découvre l’océan qui s’étend juste là, à quelques mètres devant nous, reflétant un ciel parsemé de milliers d’étoiles, sans un seul nuage. C’est bercée par les vagues que je peux enfin plonger dans un sommeil bien mérité…

10h30

Bonheur total. Je suis réveillée depuis une demi-heure. Camille et Lulu sont déjà parties se promener au bord de la mer. On n’a eu qu’à monter sur le balcon pour les voir, elles et la houle incessante et si agréable des vagues. Le temps est magnifique. J’ai déjeuné de la confiture d’hibiscus et de la confiture de pain de singe (le fruit du baobab). C’est délicieux.

Une heure plus tard, je suis en mode vacances : débardeur, pantacourt et nus pieds, allongée sur un des innombrables transats autour de la villa. On entend très proche d’ici les prières qui s’élèvent d’un minaret. Une petite brise fait murmurer les palmiers au dessus de nous et nous rafraîchit délicatement. Quelques oiseaux exotiques gazouillent. Maman vient d’apporter l’apéro en disant « Elle est pas belle la vie ! »

14h ??

Nous avons définitivement perdu toute notion du temps. Repas sur la terrasse, avec menu tomates, concombres, poulet froid accompagné d’un riz très différent de celui qu’on connaît en Europe, qui ressemble à de toutes petites graines brunes. Un peu de fromage (ramené de France car il n’y en a pas ici), sans oublier de prendre comme chaque midi notre cachet contre le paludisme. Et pour finir, oranges et bananes bien plus goûteuses que nos pâles copies de France.

Après le repas, petit tour sur la plage, à une centaine de mètres à peine. Le sable est tellement bouillant que je me demande si mes pieds ne sont pas cuits… La plage est plutôt déserte et jonchée de poissons morts, coquillages et pas mal de déchets, ce qui est du au fait que c’est une plage assez exploitée pour la pêche. La chaleur est tellement écrasant que nous rentrons au bout d’un quart d’heure. Sieste pour tout le monde, y compris les deux petits chats un peu sauvages qui se baladent dans la villa.

18h00

Vers 17h, nouvelle sortie plage. Cette fois, il y a un monde fou, surtout des Sénégalais, enfants et jeunes adultes. On parcourt la plage jusqu’à un endroit où beaucoup de monde se baigne, et qui n’est pas jonché de poissons morts. Petite baignade dans un océan sans doute plus chaud que la mer Méditerranée avant de continuer la balade. Les gens se montrent très amicaux, beaucoup nous disent bonjour et nous demandent comment on va. Il y a aussi des chevaux qui se baignent, des chèvres et des chiens sur la plage, dont un qui est venu s’accrocher à nous et nous a suivi tout le voyage du retour. Des enfants viennent nous parler, malgré la barrière de la langue.

21h40

Un peu plus tôt, Boubou et son frère Mamadou sont venus pour mettre en place avec nous le programme de la semaine. Boubou, c’est un peu notre guide ici. A part lui, Ndeye, une jeune femme, viendra tous les jours. C’est elle qui s’occupe du ménage et de la cuisine. Comme le surnom de Camille est « Boubou », la conversation s’est orientée sur les surnoms. En apprenant qu’on me surnomme « Cocotte », Boubou a juste dit « cocotte-minute » et est parti dans un fou-rire. On leur a offert un verre de Fanta, leur religion leur interdisant l’alcool. Pour ce qui est de leur religion, on entend les prières qui s’élèvent du minaret cinq fois par jour (la première a 5h du matin). L’endroit est bruyant même si on exclut le minaret. On entend beaucoup de gens parler, chanter, jouer du tam-tam… Beaucoup d’oiseaux aussi, et puis les vagues, des chèvres, des grillons. Après le repas, je monte sur le balcon admirer les étoiles. C’était magnifique.

Troisième jour

Matin

J’ai mes premiers coups de soleil de l’année ! Et des beaux, pas des petits joueurs… Maman éclate de rire à chaque fois qu’elle me voit. J’ai une nette trace de mes lunettes et une encore plus belle de mon débardeur. C’est assez compréhensible, après avoir passé toute la matinée sur la plage. On y a retrouvé Gaby, avec qui Lulu avait fait connaissance hier, qui est venu avec son cousin. D’autres personnes se joignent à nous petit à petit pour discuter comme s’ils nous connaissaient depuis toujours. Ils nous ont beaucoup parlé du Sénégal, des problèmes à cause du gouvernement, de leur vie ici…

Plus loin sur la plage, un grand groupe de gens qui sont en train de sortir de l’eau un énorme filet de pêche. Papa file les aider bien sur ! Dans le filet, il y avait beaucoup plus d’algues que de poissons. Après on s’est installé sur la plage, toute la famille et beaucoup de Sénégalais. Pendant ce temps Lulu était dans l’eau entourée d’une dizaine d’enfants et jeunes filles à qui elle donnait un cours danse improvisé. Quand j’ai été assez cuite, on s’est fait raccompagné jusqu’à la porte. A l’intérieur, une odeur délicieuse révèle les talents culinaires de Ndeye. Tomates et concombres avec un assaisonnement délicieux, riz chaud, patates douces, carottes au goût incomparable et dorades toutes fraîches… Et pour finir, fruits à gogo. Papaye et un autre petit fruit de la forme d’un œuf et de la texture d’un poire, oranges jaunes, sans oublier les bananes. Un délice !

Après-midi

On se promener jusqu’au port en début d’après midi, ce qui se révèle être une expérience assez éprouvante. Déjà parce que mes coups de soleil me brûlent énormément, mais surtout par le port en lui-même et le marché. Le port ne ressemblerait pas à un port si on enlevait les pirogues. Il s’agit juste d’une plage. Mais ici, des milliers de poissons ou coquillages sont entassés, à tel point que l’odeur en est insupportable. Juste derrière, le marché nous paraît aussi peu reluisant, quand on croise viande pleine de mouches ou poissons en décomposition. Les mouches, on s’en prend plein la figure quand on se promène. Plus loin, le marché se fait plus propre. On y trouve fruits, légumes, épices, poissons séchés, objets artisanaux (colliers, chapeaux, statuettes en bois…), et puis toutes sortes de choses (vêtements surtout). On se fait assaillir par beaucoup de gens qui veulent nous vendre leur marchandise ou nous servir de guide dans le marché, moyennant salaire. De retour sur la plage, on croise énormément de sportifs, au corps très musclé, et qui s’entraînent en courant, en faisant des pompes, ou en remontant des dunes de sable en marche arrière et en sautant à pieds joints. Par cette chaleur, c’est impressionnant. D’ailleurs Lulu a essayé et c’était à mourir de rire !

Quatrième jour

Ce matin, direction Dakar, capitale du Sénégal. Arrivés là-bas, on a prend une chaloupe pour aller jusqu’à la très touristique île de Gorée. A bord, il y a plus de touristes que de Sénégalais. L’île de Gorée est réputée à la fois pour sa beauté et pour sa tragique histoire. En effet, elle était un lieu de détention d’esclaves en attente d’être vendus. Ils y étaient logés les uns sur les autres dans des conditions atroces, entassés dans des pièces sans lumière. On y engraissait les plus maigres (les hommes devaient atteindre 60Kg), et les malades étaient jetés à la mer, un boulet accroché aux pieds. Ces pratiques ont duré jusqu’au début du XIX° siècle.

Outre la maison des esclaves, l’île propose des activités plus joyeuses. On visite l’atelier d’un artiste qui fait des tableaux en sable, en collant sur des toiles du sable de différentes couleurs naturelles pour en faire des paysages africains, des portraits et d’autres motifs, tous plus beaux les uns que les autres. On a droit aux explications de la technique en même temps qu’un musicien joue derrière nous de la musique traditionnelle sur un xylophone en bois. On trouve aussi sur l’île la « maison-bateau », la ruelle des amoureux, et la plage qui ferait pâlir de jalousie les plus belles de France.

L’après-midi, on a fait un détour au Lac rose, qui est réellement rose à cause d’algues et de micro-organismes. Il y a tellement de sel dans l’eau (qui est d’ailleurs très exploité), qu’on flotte tout seul. Le temps qu’on revienne jusqu’à la voiture, des vendeurs avaient installé devant bien à plat une centaines de tableaux.

On s’arrête un peu plus loin pour boire un coup à côté du lac. Dommage qu’ils ne servent pas de jus de baobab : j’en ai bu à midi et c’est délicieux ! Il y a encore un musicien qui joue d’un instrument traditionnel qui ressemble à une petite guitare. Un dernier tour dans les boutiques artisanales où un homme m’offre un porte bonheur en échange de la promesse de lui envoyer une lettre depuis la France (une correspondance que nous tiendrons par la suite quelques années). Ensuite retour à Mbour, on a file sur la plage où Lulu donne un cours de gym à des enfants. Je prends ma caméra, pour le plus grand plaisir des gosses qui sont morts de rire en se visionnant dessus. C’était fantastique. Dommage qu’ils ont du tous subitement partir pour aller prier. On est restées un peu sur la plage le soir. Après manger, Boubou est venu nous voir. Il nous a promis le barbecue du siècle qu’il allait faire lui-même, au poisson bien sur !

Cinquième jour

Journée absolument géniale. Ce matin, nous devions louer une voiture mais apparemment Mamadou, le frère de Boubou, avait perdu les clés. qu’à cela ne tienne, Boubou nous accompagne près de la route où on fait du stop ! Une voiture s’arrêt finalement, avec assez de place pour nous cinq, et deviens notre taxi de la journée. Pas de ceintures ni frein à main, on se demande même comment le véhicule roule encore… Au bout d’une heure, on arrive à Joal-Fadiouth, une petite commune. On a traverse un long pont en bois au dessus d’un bras d’océan très peu profond pour arriver sur l’île aux coquillages. Elle porte bien son nom : le sol en est jonché.

Sur l’île un guide nous a fait la visite, depuis l’église (visitée par Jean-Paul II !), jusqu’aux tam-tams sacrés qui servaient à envoyer des messages d’urgences. On a visite également le cimetière à la fois chrétien et musulman, où les tombes chrétiennes sont disposées en vrac alors que les musulmanes sont toutes orientées dans le même sens, selon leur religion. Ensuite on embarque dans une pirogue avec le guide et se fait balader à travers la mangrove, où vivent de nombreux oiseaux. Retour sur la terre ferme pour un bon repas : brochettes de lotte pour moi, sole meunière ou encore porcelet pour les autres, et bananes flambées en dessert ! On se prélasse quelque temps sur la plage de Joal-Fadiouth où une bande d’enfants nous a fait une démonstration de lutte. Puis retour avec le même taxi qu’à l’allée, à qui on avait donné rendez-vous.

En arrivant à la villa, direction la plage pour le cours de gym quotidien de Lulu avec les enfants. Puis direction le marché avec Boubou, qui nous y emmène en charrette ! Ou en taxi sénégalais comme on dit là-bas… Une expérience à ne pas louper ! On achète des souvenirs en bois avant de rentrer, de nouveau en charrette, conduite par un gamin et tirée par un cheval. Sur la plage, on est vite rejoints par nos nouveaux amis sénégalais, qui ne le paraissent d’ailleurs pas (nouveaux). Ici ce n’est pas comme en France où on doit suivre de longues formalités avant de se dire « amis ». Un mot pourrait bien exprimer ce sentiment : fraternité. Ou comme ils disent, la « famille élastique ». Ici, on appelle ça la Teranga sénégalaise, un terme qui veut dire que c’est accueillant et qu’on s’y sent bien. Encore un autre exemple pour illustrer cette convivialité sénégalaise : après le dîner, quelqu’un vient toquer à la porte. C’était le neveu de Mamadou, Djiby (qu’on ne connaissait pas) qui venait nous rendre visite. Car ici, on n’a pas besoin d’invitation pour allez chez son voisin. Il est rentré et on a parlé pendant des heures alors qu’on ne s’était jamais vus.

Sixième jour

Pas de grasse matinée aujourd’hui. Levés à 7h, on décolle à 8h pour la réserve de Bandia. On avait loué une voiture à Mamadou. Je ne sais pas ce qu’il avait fait avec, mais le siège de Lulu était tout trempé et puant. Le temps qu’elle s’en aperçoive, elle avait une belle tache au derrière ! A la réserve, nous montons un 4×4 sans toit. Le guide nous conduit à l’intérieur. Les animaux se succèdent, et nous pouvons descendre du 4×4 et les approcher pour prendre des photos. Les girafes sont à moins de 10m de nous, sans aucune barrière entre elles et nous. Vraiment impressionnant, même si ce n’est pas la même espèce qu’au Kenya où elles étaient beaucoup plus grandes. Plus loin, on croise une famille d’autruches, avec une ribambelles d’autruchons. Puis des singes, des petites gazelles, des chevaux sauvages et d’autres animaux. Assise à l’arrière du 4×4, cheveux au vent, je me sens dans mon élément. Moment fort et impressionnant, on s’approche de rhinocéros. Les deux seuls de la réserve car leur introduction ici est un essai. Nous descendons du véhicule, nous sommes à 5m d’eux, et ils continuaient à brouter, l’air de rien. Génial. On s’arrête ensuite près d’un baobab qui contient des ossements humains. C’est la tradition qui voulait que les griots (troubadours) n’aient pas le droit d’être enterrés car ils n’avaient pas travaillé la terre. A leur mort, ils étaient alors placés dans des baobabs creux. Depuis, cette pratique a été interdite. En continuant la visite, on passe devant un autre baobab, le baobab-éléphant, qui a véritablement la forme d’un éléphant. Les vrais éléphants sont en revanche absents de la réserve car celle-ci trop petite et ces animaux sont un peu trop destructeurs… De même qu’il n’y a pas de grands prédateurs pour éviter la disparition des gazelles. La visite se termine ) un point d’eau, où on descend du véhicule alors que des crocos se dorent au soleil à quelques mètres de nous et que des phacochères prennent tranquillement la pause quand on s’approche avec un appareil photo.

Après la réserve, on se rend aux falaises de Popengin. La plage ici est merveilleusement propre et la mer donne envie de s’y baigner. On mange dans un petit restaurant qui domine l’océan, et où le service est tellement long qu’on y reste trois heures ! Un petit singe se balade sur la terrasse du restaurant. Ensuite, retour à la villa et balade au bord de l’eau où on retrouve nos amis sénégalais. Papa sollicite d’ailleurs pour jouer aux dames. Le soir, tout le monde entre dans la villa, même Djiby qui est revenu avec une bouteille de Bissap (une boisson délicieuse), et un CD de Boney M. On a appris a faire Tchin-tchin en sénégalais : Ki-nding ka-ndang ! On a passé une soirée formidable et beaucoup rigolé.

Septième jour

Hier c’était Lulu, ce matin c’est maman qui a la turista. Du coup on passe la matinée tranquillement à la villa. Les enfants n’arrêtent pas de venir toquer à la porte pour voir Lulu et lui amener des dessins. La matinée, je la passe à lire mon roman Le Lion. Il y a une nouvelle femme avec Ndeye qui s’occupe du ménage, elle vient tout juste de rentrer de pèlerinage. Elles nous préparent un repas comme toujours délicieux, à base de poisson, riz, frittes, tomates, et concombres… Sans oublier les fruits (banane, pastèque).

L’après-midi, on part se baigner aux falaise de Popengin. Il y a des super vagues, et Lulu en profite pour nous montrer ses fesses. Sur la plage, impossible d’être tranquille. Il suffit qu’on s’installe pour que des femmes viennent déballer bijoux et autres, même si on leur dit qu’on ne veut rien.

Retour vers 5h30. C’est amusant quand on est en voiture de regarder le décalage des paysages. On a l’impression que deux époques se mêlent. On voit des chèvres qui se baladent, beaucoup de gens qui vendent fruits ou objets artisanaux, des maisons un peu anciennes, pauvres. Et puis il y a des marques célèbres dans ce décors rustique. Des pub directement peintes sur les maisons, des « magasins » où on vend quelques objets en bois, colliers… qui ont pour nom « E.Leclerc », « Auchan », « Carrefour »… Les voitures se mêlent, sur la route, aux charrettes tirées par des chevaux. Lorsqu’on s’arrête pour faire le plein d’essence, c’est un pompiste qui nous fait le plein.

Le soir, repas avec Boubou et Mamadou qui nous ont fait des Gambas grillées au barbecue. C’était délicieux, comme toujours. Encore une soirée avec nos nouveaux amis. Djiby, qui est couturier, nous a offert à toute la famille des petits sacs qu’il avait fait lui-même.

Huitième jour

Dernier jour de vacances. La semaine est passée beaucoup trop vite au goût de tout le monde. Le matin, on retourne au marché avec Boubou pour acheter les derniers souvenirs. On croise beaucoup d’élèves en uniforme scolaire. Papa a eu la turista d’un coup pendant qu’on se promenait. Peut-être à cause de l’eau qu’il venait de boire : de l’eau dans un sac en plastique qui est vendu un peu partout par les Sénégalais au marché. Christelle, chez qui on avait acheté des souvenirs, nous a refait des cadeaux à tous.

A 16h, Boubou vient nous chercher pour aller dans la brousse. On monte sur une charrette et on est partis. En s’éloignant de la ville, nous sommes de déchets, comme une gigantesque décharge en plein air. Chaque fois que nous croisons un enfant, il criait « TOUBAB ! » (le Blanc) en nous faisant des grands signes. En arrivant dans un village, des gamines se mettent à courir derrière notre charrette. On s’arrête et les enfants se rapprochent pour nous tenir la main. Je me retrouve avec une petite fille et un petit garçon sont restés attachés à moi presque tout le temps qu’on est restés dans le village.

Les femmes nous font visiter quelques maisons du village, des huttes qui ne comprennent qu’une seule pièce. Puis on se rassemble avec le chef, son fils et tout le reste des habitants du village. On a ramené des bonbons, jouets et gadgets de France, et le fils du chef les a distribué aux enfants, assis dans le plus grand calme. En repartant, on a croise une course de voiture, relique du Paris Dakar sans doute. Étonnant contraste avec le paysage.

Plus loin, on arrive dans un autre village où on nous a réservé le même accueil que dans le premier. On rentre à l’intérieur d’un immense baobab. Boubou nous dit de poser la main gauche sur la paroi intérieure du tronc et de fermer les yeux une minute. On l’appelle le Baobab Sacré. Sur le chemin du retour, on croise des enfants qui se mettaient à courir derrière la charrette dès qu’ils nous voient. Certains parvenaient à la rattraper et on voit alors des petites mains accrochées sur le rebord, le reste du corps invisibles, pendu dans le vide. On croise aussi Ndeye qui nous fait de grands signes.

On passe la soirée avec nos amis sénégalais. Au moment du départ, on se tombent dans les bras, Boubou, nos amis, Mamadou… moment d’émotion indescriptible par les mots. Et la voiture s’éloigne, en direction de l’aéroport, en direction de notre pays.

Dernier jour

00h30

Après un voyage interminable en voiture, chacun se repassant des souvenirs inoubliables, nous sommes arrivés à l’aéroport. L’avion décolle à 2h. J’ai un cafard pas possible. Je suis toute seule dans l’avion à côté d’un gars et du siège réservé au personnel de l’avion pour les décollages et les atterrissages. J’essaie de dormir mais ce n’est que par tranches de 2 minutes.

7h00

On est arrivé à Lisbonne. Je n’ai même pas vu l’atterrissage, étant dans un de mes épisodes de demi-sommeil. Il n’y a plus aucun Sénégalais ici. Juste des touristes européens. Nous avons 6h à attendre avant de prendre l’avion pour Paris. Alors on s’assoit. Je prend mon roman mais j’ai du mal à me concentrer. Les images de la veille me reviennent en tête. Personne n’est heureux de nous voire, personne ne manifeste l’envie de nous parler.

Le voyage de Lisbonne à Paris est rapide. On passe au dessus du Portugal, de l’Espagne, puis on survol l’océan Atlantique. A partir de ce moment, une couche de nuages semblables à du coton nous cache définitivement la vue. Pour atterrir, on les traverse. Et soudain tout devient gris, tout devient sombre. Il pleut. A l’aéroport, la valise de Camille a disparue. On la retrouve une heure plus tard au service des objets trouvés. La mienne a été ouverte de force. On monte dans le minibus qui doit nous ramener à notre voiture. Le paysage ne m’a jamais paru aussi moche. Tout est gris, tout est droit. Aucune couleur nul part. Personne dehors. Cette sensation de solitude qui pèsera sur moi toute la semaine prochaine commence déjà à m’englober. Le voyage en voiture est interminable. L’ambiance du Sénégal me manque. Les moments que j’y ai vécu étaient formidables. Les gens ne sont pas riches d’argent, mais riches de valeurs. L’amitié, le contact humain. Ici en France, nous sommes seuls.

Les lions : infos insolites

Les lions font partie des animaux chouchous du public, et le nombre de documentaires à leur sujet en dit long. Souvent attendrissantes, parfois étonnantes, les images nous montrent la plupart du temps la vie d’une jolie petite troupe, entre naissances, parties de chasse trépidantes et batailles entre mâles dans la force de l’âge… Côté scientifique, les lions ne sont pas en reste non plus et ont fait l’objet d’un grand nombre de publications, dévoilant souvent d’autres vérités moins connues… et pourtant tout aussi intéressantes ! Voici un petit échantillon pour vous le prouver !

Les lions mangeurs d’hommes font parler les scientifiques

Si deux lions peuvent se targuer d’une sinistre célébrité, ce sont bien eux. « Le fantôme » et « les ténèbres », comme ils ont été surnommés, sont les héros des films « The Ghost and the Darkness » (1996), et « Bwana Devil » (1952), qui est tout de même le premier long métrage sorti en 3D couleur de l’histoire du cinéma. Ces films racontent l’histoire vraie de deux fauves qui ont créé la panique en 1898 lors de la construction d’une voix ferroviaire, en dévorant entre 30 et 130 travailleurs, selon les sources. Abattus par John Henry Patterson, qui a d’ailleurs écrit le livre « The Man-Eaters of Tsavo » (Les mangeurs d’hommes du Tsavo) ayant inspiré les films, les deux cadavres ont été conservés et l’occasion était trop belle pour les scientifiques de manquer de les étudier !

Plusieurs questions se posent : Les deux lions mangeaient-ils tous les deux les humains ? Etait-ce leur seule source de nourriture ? Combien de travailleurs avaient réellement été tués ? Des questions un peu farfelues étant donné que les lions sont décédés il y a plus d’un siècle… Si des macchabées pouvaient sortir de leur sommeil éternel pour nous raconter leurs derniers meurtres, ça se saurait ! Non ? Et pourtant… Les atomes qui forment le corps de nos lascars proviennent de leur nourriture. Or, en étudiant la composition en isotopes des différentes parties de leur corps, on peut déterminer à quelle espèce ces atomes ont été prélevés. En somme, vous êtes ce que vous mangez ! Et comme les différentes parties du corps ne se construisent pas toutes en même temps, la composition de nos dents et os permet de déterminer des régimes de longue durée, tandis que celle de nos poils renseigne de nos derniers repas. L’équipe de Yeakel (2009) a ainsi pu mette en évidence que les lions avaient un régime alimentaire classique avant de tourner mangeurs d’hommes, et qu’un des deux était deux fois plus avide de chair humaine que l’autre. Quand aux estimations, 35 hommes auraient été mangés, avec une marge (l’intervalle de confiance à 95% pour ceux à qui ça parle) allant de 4 à 72 victimes.

Les deux lions mangeurs d’hommes du Tsavo, de leurs petits noms « lion FMNH 23970 » (A) et « lion FMNH 23969 » (C). Le crâne du premier (B) présente, entre beaucoup d’autres défauts cités par les auteurs, une fracture de la canine inférieure droite et des incisives inférieures en moins. L’autre crâne (D) révèle une fracture de la carnassière supérieure qui provoque une exposition de la pulpe. Illustration issue de Yeakel et al. (2009).


D’autres articles scientifiques existent sur les lions mangeurs d’hommes. Certains font preuve d’un délicieux lyrisme quand il s’agit de décrire les sordides attaques des assassins. Baldus (2006) écrit ainsi à propos d’un lion ayant tué plus d’une trentaine de personnes en Tanzanie : « Parfois, il tuait deux personnes à l’intérieur d’une hutte, mais laissait toujours la seconde derrière, dans un cas sur le toit. […] L’animal a été signalé comme étant extrêmement prudent. Il se serait toujours déplacé à couvert, le plus souvent durant des nuits obscures et sans lune. […] Si le lion avait le temps, il faisait glisser sa victime plus loin pour dévorer le cadavre, y compris les intestins, mais en laissant la tête, les bras et les jambes » (traduction personnelle).

Certains chercheurs essayent de comprendre « pourquoi » les lions se mettent à manger des hommes. Toutes les pauvres bêtes des études que je viens de citer présentaient ainsi des problèmes dentaires (voir photo précédente)… Packer et al. (2005) propose plus simplement l’effet de l’augmentation de la densité humaine pour expliquer le nombre grandissant d’attaques depuis les années 1990, et nous présente une carte représentant la distribution de plus de 800 attaques depuis cette année là en Tanzanie… Eventuellement une idée des points chauds à éviter durant le prochain voyage touristique !

Répartition des attaques de lions en Tanzanie depuis 1990 et nombre d’attaques par année. D’après la publication de Packer et al. (2005)

Des spermatozoïdes anormaux dans le Ngorongoro

En Tanzanie, le cratère du Ngorongoro se targue d’être une des plus grandes caldeiras du monde (un ancien volcan affaissé pour faire simple), avec un diamètre de plus de 20 Km ! Pour l’avoir foulé de mes propres pieds, je peux affirmer qu’il constitue sans conteste une réserve naturelle absolument magnifique, regorgeant d’une richesse faunistique éblouissante. En tant que cratère, l’écosystème qu’il abrite reste très fermé au milieu extérieur, ce qui constitue à la fois sa force et sa faiblesse. Les lions du Ngorongoro sont très bien étudiés depuis de nombreuses années, à tel point qu’il n’est pas un lion dans le cratère qui n’ait pas sa fiche d’identité. Les chercheurs sont en effet capables d’identifier chaque individu, notamment grâce à des marques naturelles et les cicatrices de leurs faces et oreilles (Munson et al. 1996). Il faut dire que la particularité de l’endroit permet une étude inédite sur les effets de la consanguinité. En effet, les lions qui entrent dans le cratère sont bien rares, et n’ont simplement aucune chance de trouver un territoire libre, le cratère présentant la plus haute densité de lions d’Afrique (Heinsohn 1997). De plus, la population a subit en 1962 une hécatombe après l’invasion de la mouche Stomoxys calcitrans, aux morsures particulièrement affaiblissantes, réduisant la population à neuf femelles et un seul mâle (Packer et al. 1991).

Après la migration de sept mâles venus de l’extérieur, plus aucune entrée n’a été enregistrée dans le cratère durant les 25 années suivantes, alors que la population est rapidement remontée en effectifs. Des simulations sur ordinateurs suggèrent même que la population pourrait avoir subit un autre goulot d’étranglement antérieur à 1962 (Packer et al. 1991). Une population en somme bien consanguine ! Et comme souvent, la consanguinité s’accompagne d’une perte de variabilité génétique et d’une augmentation d’anormalités physiologiques comparé à d’autres populations. Nos lions n’échappent pas à la règle, notamment dans certains traits affectant leur reproduction. Ils présentent ainsi une concentration en testostérone trois fois plus faible que leurs homologues du Serengeti (Wildt et al. 1987), une histo-morphologie des testicules affectée : moins de tubes séminifères (là où se forment les spermatozoïdes), moins de spermatides (les futurs spermatozoïdes) et moins de volume testiculaire (Munson et al. 1996), ainsi qu’un haut niveau d’anormalité des spermatozoïdes (Wildt et al. 1987). Entre tête trop grosse ou trop petite, double flagelle ou double tête et diverses déformations, ce sont au total 50% des spermatozoïdes qui sont affectés !

Quelques spermatozoïdes des lions du cratère du Ngorongoro : normal (a), surenroulement du flagelle (b), manque de mitochondrie (c), acrosome anormal et mauvaise disposition de la pièce intermédiaire (d), macrocéphalie avec acrosome anormal (e), microcéphalie avec manque de mitochondrie (f), flagelle tordu (g), et cou tordu avec résidu cytoplasmique (h). Photo issue de Wild et al. (1987).

Des lionnes à crinière et des mâles qui en sont dépourvus

La crinière du lion, cette magnifique couronne qui le proclame roi des savanes, est un des caractères sexuels secondaires des plus évidents pour différencier mâles et femelles. D’une longueur et d’une noirceur variables, elle renseigne même les congénères (et les scientifiques) sur d’autres paramètres. West et Packer (2002) ont ainsi pu montrer que le niveau de noirceur de la crinière donne une indication de l’état de nutrition du mâle, ainsi que de son niveau en testostérone, ce qui aurait une influence à la fois sur le choix des femelles (dans une troupe comptant plusieurs mâles, les femelles qui ont la possibilité de choisir leur amant se tourneront vers celui qui a la crinière la plus sombre), mais également sur la compétition entre mâles (mieux vaut éviter de se battre avec les mâles à crinière trop noire…). Les deux scientifiques ont également mis en évidence que la longueur de la crinière était un signal des succès au combat du mâle, et influencerait également la compétition entre mâles.

En plus de ce rôle communicatif, la crinière est également variable selon les saisons, les années et les habitats. Si la crinière est ainsi variable selon l’endroit, nulle particularité n’égale celle observée dans le parc du Tsavo. Tiens, ça ne vous dit rien ce nom ? Mais si, c’est de là que provenaient nos deux lascars mangeurs d’hommes ! Ce n’est pas pour rien si j’ai pris la peine d’afficher leur photo… Et si nos deux compères s’affichent sans crinière, ce n’est certainement pas parce qu’ils ont été scalpés. Comme de très nombreux lions du Tsavo, ils sont simplement dépourvus de crinière. Kays et Patterson (2002) ont voulu vérifier à quel point ce caractère était répandu. Ils se sont donc mis à attirer les lions grâce à des enregistrements d’un jeune buffle mourant. La technique pourrait paraitre un brin sadique mais elle est communément utilisée. Elle s’avère même être efficace pour réaliser des comptages de lions (Kiffner et al. 2007). Kays et Patterson ont ensuite donné un score à tous les lions qui se sont approchés, selon la disposition et l’importance de leur crinière. Résultat : aucun des 87 lions identifiés n’avait une crinière à proprement parler, et le score moyen atteignait 15, une crinière normale ayant pour valeur 81 (voir schéma ci-dessous)…

Une crinière normale et une crinière typique du Tsavo. Chaque légende correspond à une zone à laquelle les auteurs ont attribué des scores de 0 à 3 selon la longueur, la couleur et l’épaisseur de la crinière. Le score maximal (9 zones obtenant 3 scores de 3) est égal à 81. En moyenne, les lions du Tsavo obtiennent un score de 15. Image et données de Kays et Patterson (2002).
Photos de lions du Tsavo à crinière éparse ou inexistante (Kays et Patterson, 2002)


Les chercheurs essaient bien de donner des explications à cet étrange phénomène : l’importance de la végétation ou la chaleur pourraient donner l’avantage à des mâles dépourvus de crinières, si tant est que ce caractère (ou absence de caractère) ait évolué pour ses bénéfices et non par hasard. La présence d’une graine particulièrement collante à la crinière (Pupalia lappacea) pourrait également intervenir, les lions s’arrachant littéralement les poils en voulant les enlever… A noter que d’autres lions sans crinière existent, même s’ils sont nés avec : une perte intégrale de la crinière a par exemple déjà été observée des suites d’une castration.

Pour en finir avec la crinière, des photos et articles circulent actuellement sur le net faisant état de femelles avec une belle crinière. Si je n’ai pu trouver aucun article scientifique à ce sujet, l’info ne semble pas inventée. A vérifier donc ! En attendant, certaines photos restent assez convaincantes. Décidemment, même chez les lions c’est la révolution des genres !

Une lionne pourvue d’une crinière qui n’a rien à envier aux plus beaux mâles (Source)

Mœurs et morphologies inhabituels

A l’image des crinières, beaucoup de ce qu’on croit connaitre sur les lions n’est pas vrai pour tous les lions. De nombreuses variations comportementales, morphologiques, anatomiques ou encore physiologiques existent à l’état sauvage comme en captivité. Commençons par la captivité. Saviez-vous qu’un lion élevé dans un zoo aura un cerveau plus petit qu’à l’état sauvage ? Une diminution comprise entre 3,5 et 10,5 % du volume crânien selon l’équipe de Yamaguchi (2006) qui s’est chargée de mesurer consciencieusement les crânes de 370 lions. Une différence qui serait bien due à la captivité en elle-même, et non aux conséquences de la consanguinité qu’elle implique souvent, puisqu’un lion né à l’état sauvage et élevé dans un zoo présentera également un cerveau plus petit.

La consanguinité a pourtant bel et bien, elle aussi, des effets délétères. Prenez les lions blancs par exemple. Ces lions présentent un allèle mutant récessif qui leur confère une couleur allant du blond au blanc (il ne s’agit pas d’albinisme). Les adultes de ce type sont rares à l’état sauvage, d’autant plus qu’ils sont plus repérables par les proies et par les prédateurs lorsqu’ils sont lionceaux… Mais les humains sont avides de rareté (voyez ici), et on trouve des lions blancs à foison en captivité. Ce désir a un prix, et il est rude pour les lions. Dans un seul zoo par exemple ou des parents blancs ont donné naissance à 19 lionceaux, un seul a survécu jusqu’à l’âge adulte ! Parmi les autres, 4 sont mort-nés, 13 sont morts durant leur premier mois et le dernier a du être euthanasié à cause de son incapacité à saisir la nourriture. Une publication parue dans un journal vétérinaire (Scaglione et al. 2010) présente toutes leurs malformations à grand renfort de photos plutôt morbides… Entre troubles du comportement et multiples malformations au niveau du crâne, les effets de la consanguinité se font ressentir plus que jamais.

Le crâne d’un des lionceaux blancs présente ici une mâchoire atrophiée avec un biais d’alignement entre la mandibule (mâchoire inférieure) et l’incisive supérieure. Photo issue de Scaglione et al. (2010)


Toujours en captivité mais de manière un peu plus réjouissante, les lions du zoo d’Addis-Abeba (Ethiopie) présentent une apparence unique en son genre. A tel point qu’ils ressemblent aux lions de Barbarie ou aux lions du Cap, des sous-espèces qui ne sont aujourd’hui plus reconnues. Si Tefera (2003) avait consacré une publication à leur pure description (crinière très sombre et étendue, petit corps…), une étude très récente vient de mettre en évidence que cette population est distincte également du point de vue génétique (Bruche el al. 2012).

Un des fameux lions du zoo d’Addis-Abeba, en Ethiopie (Source)


A l’état sauvage, des variations de comportements sont observées entre les populations. Par exemple, les lionnes du Ngorongoro sont plus agressives que celles du Serengeti. L’étude de Heinsohn (1997) consistait à passer des enregistrements de rugissements de troupes de lionnes. Il a pu montrer qu’une troupe était capable de compter ses opposantes au son des rugissements, et qu’elle ne s’en approcherait qu’à condition que les rivales soient moins nombreuses. Sauf les lionnes du cratère du Ngorongoro qui réagissent à tous les coups, même lorsque leurs chances de vaincre l’adversaire sont faibles compte tenu de leur nombre. Cette agressivité pourrait s’expliquer par la difficulté de trouver un territoire dans le cratère : les lionnes qui en ont un le défendent alors coute que coute !

En ce qui concerne les variations d’apparence, j’ai évoqué les plus spectaculaires plus haut : crinières et blanc pelage ! Mais d’autres différences existent. Les lions du Ngorongoro sont par exemple plus gros qu’à l’extérieur du cratère (Heinsohn 1997). Dans la même catégorie, vous avez peut être croisé ces derniers temps sur le net les magnifique photos de lions noirs ! On parle de mélanisme, ce qui correspond à une très forte abondance de pigments noirs. Hé bien jusqu’à preuve du contraire, ces lions ne sont que pure invention ! Si vous en doutez, vous trouverez ici les célèbres photos avec leurs originales non retouchées. Mais maintenant que vous avez lu cet article, vous conviendrez sans doute qu’il n’est nul besoin d’invoquer des génies de Photoshop pour impressionner les foules : les lions disposent naturellement de leur florilège de particularités !

Un lion mélanique, qui n’existe que dans l’imagination de ses créateurs ! (Source)

Cet article a été originellement écrit pour un blog de vulgarisation scientifique. Vous pouvez le retrouver à l’adresse suivante : http://fish-dont-exist.blogspot.com/2013/01/les-lions-ce-que-vous-napprendrez-pas.html

Bibliographie

  • Baldus, R. D. 2006. A man-eating lion (Panthera leo) from Tanzania with a toothache. European Journal of Wildlife Research, 52, 59–62.
  • Bruche, S., Gusset, M., Lippold, S., Barnett, R., Eulenberger, K., Junhold, J., Driscoll, C. A. & Hofreiter, M. 2012. A genetically distinct lion (Panthera leo) population from Ethiopia. European Journal of Wildlife Research. DOI 10.1007/s10344-012-0668-5.
  • Heinsohn, R. 1997. Group territoriality in two populations of African lions. Animal behaviour, 53, 1143–7.
  • Kays, R. W. & Patterson, B. D. 2002. Mane variation in African lions and its social correlates. Canadian Journal of Zoology, 478, 471–478.
  • Kiffner, C., Waltert, M., Meyer, B. & Mühlenberg, M. 2007. Response of lions (Panthera leo LINNAEUS 1758) and spotted hyaenas (Crocuta crocuta ERXLEBEN 1777) to sound playbacks. African Journal of Ecology, 46, 223–226.
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  • Packer, C., Ikanda, D., Kissui, B. & Kushnir, H. 2005. Lion attacks on humans in Tanzania. Nature, 436, 927-928.
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  • Tefera, M. 2003. Phenotypic and reproductive characteristics of lions (Panthera leo) at Addis Ababa Zoo. Biodiversity and Conservation, 12, 1629–1639.
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  • Yeakel, J. D., Patterson, B. D., Fox-Dobbs, K., Okumura, M. M., Cerling, T. E., Moore, J. W., Koch, P. L., & Dominy, N. J. 2009. Cooperation and individuality among man-eating lions. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 106, 19040–3.